Sommet de Ouagadougou : La CEDEAO accouche d'une souris
| Le billet d'alpha | Publié par alpha | Date: 10 Juillet 2012 | 03:14 | Réagir (1) |
Un mini sommet de la CEDEAO (Communauté des États d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) s'était tenu le samedi 7 Juillet à Ougadougou, au Burkina Faso, pour, soit disant, "faire progresser les initiatives régionales en vue du règlement politique de la crise au Mali".
Un communiqué de la CEDEAO rendu public vendredi a indiqué que les leaders du Bénin, de la Côte d'Ivoire, du Niger, du Nigeria, du Liberia et du Burkina Faso, le pays hôte, le Groupe de contact régional sur la crise malienne, mais sans le premier ministre et la société civile malienne ont pris part à ce sommet.
Le président du Bourkina Fasso, Blaise COMPAORE est le médiateur régional de cette crise au Mali déclenchée par la coup d'Etat militaire du 22 mars dernier qui a renversé le gouvernement élu du président Amadou Toumani Touré, et la rébellion séparatiste dans le nord du pays.
Que dit le mini-sommet ?
Au moment où on s'attendait plus à des décisions immédiates pour le déploiement de la force dite "en attente de la CEDEAO", l'institution sous-régionale nous a encore servis un long communiqué sur l'étape de la transition institutionnelle au Mali et des questions diverses sur le terrorisme au Sahel. Il faut dire que même les observateurs qui attendaient peu de choses du Sommet sur la crise malienne, qui s’est tenu samedi dernier à Ouagadougou, ont été grandement déçus.
Bref, le temps passe, le Mali coule petit à petit et la CEDEAO tarde à réagir. En effet, pas aucune décision majeure n'a été prise concernant la mission d'intervention dite "en attente" de la CEDEAO. Par ailleurs, le chef d'Etat ivoirien, Alassane D. OUATTARA, président en exercice de la CEDEAO et le médiateur bourkinabé, le président B. COMPOARE ont juste affirmé que des pourparlers étaient en cours au niveau de l'ONU et de l'Union Européenne sans plus de précisions. Selon le communauté officiel, l'Union Africaine chercherait à s'impliquer fortement dans cette crise au Nord du Malais qui risque de devenir le foyer de déploiement du groupe armé Alquaïda au Maghrebe Islamique (AQMI). Jusqu'ici, on avait senti l'union africaine un peu absente dans cette crise majeure.
Ce que nous savons par ailleurs c'est que pendant ce mini-sommet, il a plus été question de la période de transition de 12 mois Mali qui avait d'aileurs été annoncée depuis que la CEDEAO s'est saisi du dossier malien. En effet, il a été prévu la création d'une force d'élite de 1200 hommes pour protéger la transition et qui sera placée directement sous l'autorité du premier ministre, C. Modibo Diarra. Cette force aura donc pour mission de protéger les institutions maliennes, à savoir le premier ministre, lui-même, le président de la transition Dioncounda Traoré, récemment victime d'une agression physique et le président de l'assemblée nationale, entre autres.
La CEDEAO annonce également dans son communiqué final qu'une "mission technique" sera envoyée au Nord du Mali en vue de d'étudier la stratégie militaire à utiliser et de préparer le terrain pour l'activation de la force dite en attente de 3000 hommes... Rien de plus !
Pour tout le reste, nous avons eu droit à des éloges personnelles avec le président de la commission de la CEDEAO qui se faisait plaisir à appeler le président bourkinabais "son excellence". Comme cela l'a toujours été d'ailleurs. Le communiqué de la CEDEAO tenait ainsi à remercier son "excellence, le médiateur Blaise COMPAORE pour son travail accompli". Ironie du sort... Que demander de plus puisque cela a toujours été ainsi dans les "grands sommets africains" ?
Par ailleurs, pour le déploiement des 1200 hommes pour la protection des institutions maliennes, il faut oser dire que l'actuel pouvoir malien et la CEDAO ne font plus confiance à SANOGO et ses hommes. En tout cas, tout porte à croire que l'armée malienne subit actuellement une grave division depuis la tentative de renversement du capitaine SANOGO par les bérets rouges, fidèles à l'ancien président. Il y a également eu beaucoup de rumeur sur l'implication des mutins dans l'agression du président en interile Dioncounda TRAORE.
Et récemment, à travers une interview de la chaîne privée Africa 24, l'actuel président de la CEDEAO, A. D. Ouattara, affirmait que le "statut de l'ancien chef d'Etat n'a jamais été accordé au capitaine Sanogo". Une affirmation qui vient en contradiction avec la déclaration des émissaires de Blaise Compaoré qui prétendaient que le statut d'ancien chef d'Etat a bel et bien été accordé au chef des mutins.
Dans tous les cas, SANOGO ne semble plus être le principal soucis de la CEDEAO puisque la crise au Nord du Mali a pris une autre tournure. Pour rappel, le mouvement Ansar Dine s'est emparé de quelques points stratégiques au détriment des rebelles touaregs du MNLA dont certains responsables ont été contraint à exile au Bourkina Faso.
Les pourparlers ne semblent donc plus avoir de sens. Puisque le conflit s'est désormais déplacé. L’ennemi, ce n'est plus seulement les rebelles touaregs, mais un mouvement islamiste bien déterminé à étendre sa "cause" jusqu'aux autres pays de la sous-tension dont le Sénégal, la Mauritanie, le Bourkina, la Côte d'ivoire etc.
Un sommet pour rien ?
L'institution sous-régionale, visiblement déconnectée des réalités de l’enfer vécu par les populations du Nord, aurait-elle vraiment besoin qu’on le réveillât d’une manière ou, alors, faudrait-il des coups de fouets de charia pour faire réagir les responsables de la CEDEAO ? Car au moment où des mini-sommets se tiennent ça et là, les maliens du Nord, eux, subissent en plein visage la barbarie des islamistes radicaux, dont l'idéologie n'a strictement rien à avoir avec l'islam qu'on connaît, celui de la tolérance.
Enfin, même s'il y aura un jour une intervention militaire au Nord du Mali, elle n'est pour l'instant pas pour le moment puisque la CEDEAO est-elle même en attente d'un éventuel soutien logistique de la part de l'Union Européenne et de l'ONU.
Mais en contre partie de cette aide, que demanderont les puissances occidentales ?
Un communiqué de la CEDEAO rendu public vendredi a indiqué que les leaders du Bénin, de la Côte d'Ivoire, du Niger, du Nigeria, du Liberia et du Burkina Faso, le pays hôte, le Groupe de contact régional sur la crise malienne, mais sans le premier ministre et la société civile malienne ont pris part à ce sommet.
Le président du Bourkina Fasso, Blaise COMPAORE est le médiateur régional de cette crise au Mali déclenchée par la coup d'Etat militaire du 22 mars dernier qui a renversé le gouvernement élu du président Amadou Toumani Touré, et la rébellion séparatiste dans le nord du pays.
Que dit le mini-sommet ?
Au moment où on s'attendait plus à des décisions immédiates pour le déploiement de la force dite "en attente de la CEDEAO", l'institution sous-régionale nous a encore servis un long communiqué sur l'étape de la transition institutionnelle au Mali et des questions diverses sur le terrorisme au Sahel. Il faut dire que même les observateurs qui attendaient peu de choses du Sommet sur la crise malienne, qui s’est tenu samedi dernier à Ouagadougou, ont été grandement déçus.
Bref, le temps passe, le Mali coule petit à petit et la CEDEAO tarde à réagir. En effet, pas aucune décision majeure n'a été prise concernant la mission d'intervention dite "en attente" de la CEDEAO. Par ailleurs, le chef d'Etat ivoirien, Alassane D. OUATTARA, président en exercice de la CEDEAO et le médiateur bourkinabé, le président B. COMPOARE ont juste affirmé que des pourparlers étaient en cours au niveau de l'ONU et de l'Union Européenne sans plus de précisions. Selon le communauté officiel, l'Union Africaine chercherait à s'impliquer fortement dans cette crise au Nord du Malais qui risque de devenir le foyer de déploiement du groupe armé Alquaïda au Maghrebe Islamique (AQMI). Jusqu'ici, on avait senti l'union africaine un peu absente dans cette crise majeure.
Ce que nous savons par ailleurs c'est que pendant ce mini-sommet, il a plus été question de la période de transition de 12 mois Mali qui avait d'aileurs été annoncée depuis que la CEDEAO s'est saisi du dossier malien. En effet, il a été prévu la création d'une force d'élite de 1200 hommes pour protéger la transition et qui sera placée directement sous l'autorité du premier ministre, C. Modibo Diarra. Cette force aura donc pour mission de protéger les institutions maliennes, à savoir le premier ministre, lui-même, le président de la transition Dioncounda Traoré, récemment victime d'une agression physique et le président de l'assemblée nationale, entre autres.
La CEDEAO annonce également dans son communiqué final qu'une "mission technique" sera envoyée au Nord du Mali en vue de d'étudier la stratégie militaire à utiliser et de préparer le terrain pour l'activation de la force dite en attente de 3000 hommes... Rien de plus !
Pour tout le reste, nous avons eu droit à des éloges personnelles avec le président de la commission de la CEDEAO qui se faisait plaisir à appeler le président bourkinabais "son excellence". Comme cela l'a toujours été d'ailleurs. Le communiqué de la CEDEAO tenait ainsi à remercier son "excellence, le médiateur Blaise COMPAORE pour son travail accompli". Ironie du sort... Que demander de plus puisque cela a toujours été ainsi dans les "grands sommets africains" ?
Par ailleurs, pour le déploiement des 1200 hommes pour la protection des institutions maliennes, il faut oser dire que l'actuel pouvoir malien et la CEDAO ne font plus confiance à SANOGO et ses hommes. En tout cas, tout porte à croire que l'armée malienne subit actuellement une grave division depuis la tentative de renversement du capitaine SANOGO par les bérets rouges, fidèles à l'ancien président. Il y a également eu beaucoup de rumeur sur l'implication des mutins dans l'agression du président en interile Dioncounda TRAORE.
Et récemment, à travers une interview de la chaîne privée Africa 24, l'actuel président de la CEDEAO, A. D. Ouattara, affirmait que le "statut de l'ancien chef d'Etat n'a jamais été accordé au capitaine Sanogo". Une affirmation qui vient en contradiction avec la déclaration des émissaires de Blaise Compaoré qui prétendaient que le statut d'ancien chef d'Etat a bel et bien été accordé au chef des mutins.
Dans tous les cas, SANOGO ne semble plus être le principal soucis de la CEDEAO puisque la crise au Nord du Mali a pris une autre tournure. Pour rappel, le mouvement Ansar Dine s'est emparé de quelques points stratégiques au détriment des rebelles touaregs du MNLA dont certains responsables ont été contraint à exile au Bourkina Faso.
Les pourparlers ne semblent donc plus avoir de sens. Puisque le conflit s'est désormais déplacé. L’ennemi, ce n'est plus seulement les rebelles touaregs, mais un mouvement islamiste bien déterminé à étendre sa "cause" jusqu'aux autres pays de la sous-tension dont le Sénégal, la Mauritanie, le Bourkina, la Côte d'ivoire etc.
Un sommet pour rien ?
L'institution sous-régionale, visiblement déconnectée des réalités de l’enfer vécu par les populations du Nord, aurait-elle vraiment besoin qu’on le réveillât d’une manière ou, alors, faudrait-il des coups de fouets de charia pour faire réagir les responsables de la CEDEAO ? Car au moment où des mini-sommets se tiennent ça et là, les maliens du Nord, eux, subissent en plein visage la barbarie des islamistes radicaux, dont l'idéologie n'a strictement rien à avoir avec l'islam qu'on connaît, celui de la tolérance.
Enfin, même s'il y aura un jour une intervention militaire au Nord du Mali, elle n'est pour l'instant pas pour le moment puisque la CEDEAO est-elle même en attente d'un éventuel soutien logistique de la part de l'Union Européenne et de l'ONU.
Mais en contre partie de cette aide, que demanderont les puissances occidentales ?
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